Je suis content de savoir que tu as un thérapeute. Dans une situation comme celle-ci, c’est un soutien précieux.
Ce que tu traverses n’est pas seulement une déception amoureuse. Il y a aussi :
- une cohabitation qui devient tendue ;
- une relation dont la définition est contestée (« ami » pour toi, « colocataire » pour lui) ;
- un sentiment de rejet ;
- de la colère et de l’humiliation ;
- et des décisions concrètes à prendre concernant votre vie quotidienne.
C’est beaucoup pour une seule personne.
Si tu vois ton thérapeute prochainement, je pense qu’il pourrait être particulièrement utile de lui parler de deux choses que tu as exprimées ici :
- L’espoir secret qu’il t’aime.
Tu sembles déjà reconnaître que cet espoir existe même si tu penses qu’il n’est probablement pas fondé. - La fonction de ta demande qu’il parte.
Au fil de notre conversation, tu as identifié que ce n’était pas seulement une demande pratique. Tu voulais aussi qu’il réalise son importance pour toi et que tu réalises ton importance pour lui.
C’est une prise de conscience importante.
Pour ce qui est de ton colocataire, je crois que tu disposes maintenant de plusieurs informations assez claires sur sa position. Elles sont douloureuses, mais elles sont plus solides que les suppositions que tu pouvais faire au début de notre échange.
Ce soir, je serais surtout prudent avec une idée : celle que son absence chez des amis ou sa volonté de prendre de la distance prouvent que tu n’as aucune valeur à ses yeux. Les faits que tu m’as décrits montrent plutôt quelqu’un qui pose des limites, pas nécessairement quelqu’un qui te méprise.
Tu peux être aimé comme personne, apprécié, respecté, tout en n’étant pas aimé de la manière dont tu aimerais l’être. C’est souvent la partie la plus difficile à accepter.
Et pour être honnête, après tout ce que tu as raconté, j’ai l’impression que ce qui te fait le plus souffrir n’est pas seulement de penser qu’il ne t’aime pas. C’est peut-être aussi la découverte qu’il ne vit pas votre relation avec la même intensité que toi.
C’est une blessure réelle. Elle mérite d’être prise au sérieux, y compris avec ton thérapeute, sans minimiser ce que tu ressens.






